UN MANTEAU RACOMMODÉ
- Myriam Laffitte
- 19 janv.
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 janv.

Emmitouflé dans un manteau raccommodé
Le vieil homme courbé par la terre et les années
Passa les portes de l'épicerie du quartier
Dans sa main ridée, il tenait une bourse usée
Les gens du village le connaissaient
Il avait perdu sa femme au printemps passé
Les seules choses pour lesquelles il avançait
Étaient leurs petites âmes aux oreilles dressées
À peine passé l'entrée, il se laissa tomber
Sur une palette bancale à moitié vidée
Il soutenait de sa main son dos brisé
Un éclat de pierre dans ses reins s’était réveillé
Des larmes de douleurs glissaient
Le long de ses joues creusées
Il ne voulait pas déranger
Mais espérait pouvoir se relever
Les clients s'arrêtèrent, inquiets
"Il faut appeler les pompiers"
Mais le vieil homme refusait
"Mes lapins, qui va s'en occuper ?"
Un silence ému parcourut l'assemblée
Pour ses amis, il préférait se sacrifier
"Ne mettez pas en danger votre santé
Je me charge de vos lapins, soyez en paix"
Dans son regard, une lueur s'était rallumée
Le client posa sur son épaule abaissait
Une main sincère, empreinte de volonté
Dans un souffle lourd, il accepta d'être aidé
"Dites leur que je reviendrai
Que je ne les ai pas abandonné !"
La foule s'écarta, laissant leur intimité
Ils échangèrent quelques mots puis une clé
Un mélange d'inquiétude et d'espoir le tenait
Lorsqu'il quitta l'épicerie du quartier
Dans une civière, accompagné de deux pompiers
Dans le froid, un merci résonna, écho vibrant pour l'assemblée
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